Le 13 et 14 juin 2025
Loan et Serge WACKER

Le défi 3000 pour les 30-60 ans

Quand le père de 60 ans veut prouver qu’il en a encore sous la semelle face à son fils de 30 ans,
ça donne 90 ans de motivation ! Direction le Maubermé 2880 m,
pour une belle boucle de
36 km et 3100  mètres de dénivelé...

Parking Boccard d'Eylie 920 m

Maubermé 2880 m

Midi au parking d'Eylie. Le fils mange., le père médite. Chacun ses priorités...

Les sacs sont bien chargés. Tente et vivres pour deux jours… au cas où...

Pic de Rulhe

Mille mètres plus haut, nous atteignons le barrage et la cabane d'Urets, estive pour bergers. Bonne surprise : les patous nous laissent passer sans nous mordre les mollets... Echange avec une apprentie bergère, qui va vivre 4 mois sur place

Loan, fidèle à sa réputation, plonge sans hésiter dans une eau de neige fondue. Zéro peur, zéro hésitation, 100 % frissons

Dernier obstacle avant la cabane : le port d'Urets, 600 mètres plus haut.
Une belle barre rocheuse à franchir entre névés et rochers. Les crampons restent dans le sac à dos...

Port d'Urets

4 heures de montée, 1600 mètres avalés à la force des mollets : nous arrivons au port d’Urets.
Pas de fanfare… juste un petit vent glacial pour nous accueillir

La cabane du Port d'Urets, perchée à 2 512 m. Construite en 2009, elle adopte une architecture en forme de yourte, en bois et pierre sèche. Son design rustique assure une excellente isolation,
idéale pour les conditions de haute montagne.

Conçue pour les bergers, la cabane reste ouverte aux randonneurs en dehors de la saison d’estive.
Elle dispose de deux couchages  et d’un petit espace au sol, pouvant accueillir jusqu’à 4personnes.

En contrebas du versant sud (côté espagnol), le lac de l'Estanh Long de Liat. Un coin sauvage, de toute beauté !

Au menu ce soir : 500 g de gruyère fondu au vin blanc. À cette altitude, on ne parle plus de calories, mais de stratégie de survie. Verdict ? Savoureux, fondant… et bien meilleur que les plats déshydratés !

Le bivouac prend des airs de palace : deux verres de rhum, servis dans des verres spécialement montés au sommet. La nuit devrait bien se passer. Sauf si quelqu’un ronfle...

Réveil à 5h50. Petit déjeuner conséquent.  Nous attaquons tranquillement les 400 derniers mètres de dénivelé qui mènent au sommet du Maubermé. Panorama grandiose :  Mont Valier, Encantats, Aneto...

Une mer de nuages en plaine. Au sommet, le vent, lui, est tout sauf discret.
Rafales violentes, doigts gelés en 3 minutes chrono. On admire, on grelotte…

Il ne reste plus qu’à redescendre. 3000 mètres de dénivelé négatif, et une belle remontée avant de retrouver la voiture. Les genoux grincent , les cuisses prennent peur… on fait semblant d’être optimistes...

Pic de l'Homme

En contrebas, la barre rocheuse qui donne accès au port d'Urets

Port d'Urets

Bivouac

Sentier

Nous suivons les traces d’un autre temps : l’ancienne voie ferrée de la mine de fer. Dans les environs d’Urets et du pic de l’Homme, le minerai était exploité dès les années 1860. Pas de galeries souterraines, ici on travaillait à ciel ouvert… mais dans des conditions souvent difficiles

Les géants pyrénéens : l’Anéto et la Maladeta. Le bivouac prévu dans ce théâtre naturel s’est vu déprogrammé au dernier moment par les prévisions d'un orage violent... Ce n'est que partie remise !

Aneto 3404 m

Maladeta 3312 m

Sur le chemin, la montagne raconte son histoire : rails tordus, bâtis en pierre, câbles oubliés... Autant de vestiges d’une exploitation minière intense, aujourd’hui absorbée par les herbes hautes et le silence. Le paysage est magnifique et chargé de mémoire.

Les traces de l'ancienne voie ferrée, pour les wagons transportant le minerai

Le refuge George Pons peut accueillir jusqu’à 8 personnes… à condition de ne pas dépasser 1m75.
 Sinon, c’est ambiance Tetris vertical.

La montagne change de visage : la roche laisse place à une végétation luxuriante.
Les jambes commencent à devenir lourdes, après 2000 m de descente...

Remontée de 800 m vers le col de l'Arech

Arrêt au refuge de l’Arech pour se ravitailler en eau. Le brouillard est épais, mais nos gosiers restent désespérément secs. Nous buvons litre sur litre…

Encore 900 m de dénivelé négatif avant de retrouver la voiture. Excellent sentier tout au long de cette randonnée.

Parking d'Eylie...et vestiges d'un autre temps. L’usine, en service de 1853 à 1953, traitait le minerai extrait en altitude. Le transport jusqu'à la laverie se faisait par câbles et voies ferrées sur près de

1000 mètres de dénivelé. Le traitement visait à extraire le zinc  et le plomb. En un siècle, elle a produit 125 000 tonnes de métal à partir d’un million de tonnes de minerai.  
Cette activité a laissé une importante pollution, notamment dans la rivière du Lez.

Après 14 heures de marche en deux jours, nous retrouvons ce qui semble banal : des sièges, du réseau, une eau qui coule… sans filtre ni purification. Et surtout une douche chaude !

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