Caractériser les enjeux militaires
et idéologiques du conflit.
Les enjeux idéologiques : l'Axe.
Les forces de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon) poursuivent des buts idéologiques différents mais concordants.
Allemagne : suivant les conceptions raciales d'Hilter, l'Allemagne veut étendre en Europe un Reich (empire) dominé par le peuple allemand, que les nazis jugent supérieur à tous les autres. Selon Hitler, cet empire doit conférer aux Aryens un "espace vital" nécessaire à leur bien-être.
Italie et Japon : s'appuyant sur de forts sentiments nationalistes, l'Italie et le Japon veulent édifier de vastes empires territoriaux et maritimes : reconstruire l'empire romain autour de la Méditerranée (Italie) ou fonder une "sphère de co-prospérité" dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est (Japon).
Les enjeux militaires : l'AXE.
Allemagne : dominer rapidement l'Europe en consolidant ses positions à l'Ouest (printemps 1940) au terme d'une guerre-éclair efficace, avant de lancer en juin 1941 une vaste conquête des territoires slaves entamée par l’invasion de la Pologne en septembre 1939. L'URSS constitue un enjeu stratégique majeur en terme d'espace (contrôle de villes comme Moscou ou Leningrad ; maîtrise de ressources énergétiques) et d'idéologie (vaincre le communisme et le "complot juif").
Japon : à la tête de territoires déjà colonisés (Chine orientale, Corée), attaquer l'Asie du Sud-Est (colonies françaises et néerlandaises, Philippines), menacer l'Australie ou l'Inde et provoquer les Etats-Unis (attaque de Pearl Harbor du 7 décembre 1941) jugés faibles et peu menaçants dans le Pacifique.
Les enjeux Idéologiques : les Alliés.
Les Alliés (dont les membres importants sont les Etats-Unis, l'URSS, le Royaume-Uni puis la France) défendent les valeurs de liberté et de démocratie. Au-delà de la reconquête des territoires envahis par l'Axe en Europe, ces pays souhaitent établir des régimes stables fondés sur des principes respectant les Droits de l'Homme. Cependant, ces principes n'ont le même sens pour les Alliés occidentaux et pour l'URSS.
Les deux puissances coloniales françaises et britanniques tentent également de défendre leurs territoires et leurs intérêts en Asie ou en Afrique.
Les enjeux militaires : les alliés.
En Europe (1943-1945) : stopper l'expansion de l'Axe à l'Est de l'Europe (victoire soviétique de Stalingrad en février 1943) puis presser l'Allemagne sur deux fronts (à l'Ouest, libération de l'Italie en 1943 puis de la France en 1944 ; à l'Est, libération des territoires conquis par les nazis) avant d'obtenir sa capitulation sans conditions le 8 mai 1945.
Dans le Pacifique (1942-1945) : après la victoire américaine de Midway (1942), reprendre les territoires et archipels sous domination japonaise. La lenteur de la guerre aéro-navale, des débarquements insulaires et la résistance japonaise conduisent les Etats-Unis à employer la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki en août 1945.
L'amorce d'un nouveau conflit ?
En 1945, avant même la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une sourde rivalité entre les Etats-Unis et l'URSS apparaît malgré la Conférence de Yalta (février 1945).
-méfiance des Etats-Unis à l'égard de la présence de l'Armée rouge dans les pays d'Europe de l'Est libérés.
-problème du statut de la ville de Berlin, libérée par les Soviétiques mais dans laquelle les Américains veulent être présents.
-volonté probable des Etats-Unis de montrer à l'URSS sa nouvelle puissance technologique en détruisant Hiroshima et Nagasaki.
Une Guerre totale.
Une guerre totale mobilise la totalité des forces militaires, économiques et humaines d'un pays pour la victoire.
Une mobilisation humaine.
Cette guerre aux dimensions planétaires mobilise des millions d'hommes et de femmes.
Par exemple, en 1944 :
-l'URSS a mobilisé 12 millions de soldats ;
-les Etats-Unis ont mobilisé 11 millions de soldats ;
-l'Allemagne a mobilisé 9 millions de soldats ;
-le Japon a mobilisé 5 millions de soldats.
A la fin de la guerre, l'Allemagne et le Japon ont même employé des adolescents pour défendre leur territoire.
Une mobilisation scientifique.
La science est mise à contribution pour produire des armes nouvelles, peut-être capable d’inverser le cours de la guerre :
-les Etats-Unis emploient des scientifiques allemands (Albert Einstein, Robert Oppenheimer) pour fabriquer une arme nucléaire (projet Manhattan).
-les scientifiques et ingénieurs nazis fabriquent des avions sans pilote (les V 1) et des fusées explosives (les V 2 de Werner von Braun). Si ces armes meurtrières sont peu efficaces, elles fondent la technologie aérospatiale de la seconde moitié du XXe siècle (Von Braun est un des futurs fondateurs de la NASA).
Une mobilisation ÉCONOMIQUE.
Toutes les ressources des nations et des territoires conquis sont mises à contribution pour gagner la guerre :
-en Europe, Hitler pratique une économie de pillage au profit de l'Allemagne (ressources alimentaires et matières premières). Bien vite, une main d'oeuvre forcée travaille pour l’économie de guerre allemande (STO, déportés).
-les Alliés américains et soviétiques mobilisent leur industrie. Les Etats-Unis lancent un gigantesque programme d’armement terrestre, naval et aérien (le Victory Programm). L'URSS protège ses usines au-delà de l'Oural et en Sibérie, et lance la production en masse de nouvelles armes (le char T 34).
Une mobilisation idéologique.
La propagande attise le patriotisme de chaque camp et la haine de l'ennemi. Tous les médias sont mis à contribution : radio, actualités filmées, cinéma, presse, affiches.
Ainsi, durant la Guerre du Pacifique, les éditeurs américains de Comic's produisent des bandes dessinées patriotiques mettant en scène des super-héros vengeurs (Human torch, Captain America). L'armée japonaise produit des films pour enfants justifiant les conquêtes de l'Empire.
Une Guerre d'anéantissement.
Une guerre d'anéantissement ne vise pas simplement à gagner.
Son objectif principal est de détruire totalement l’adversaire ,
qu'il soit militaire ou civil.
Une violence de masse qui vire à l'anéantissement du soldat.
Certaines armes déjà utilisées durant la Grande Guerre contribuent à une destruction massive des armées (chars, aviation, artillerie).
L'emploi de masses humaines considérables sur le théâtre de certaines batailles accroît les pertes. A Stalingrad (hiver 1942-1943), les Soviétiques utilisent plus d'un million de combattants, les Allemands près d'un demi millions.
Le traitement parfois inhumain réservé aux prisonniers de guerre accroît également les pertes. Deux millions de prisonniers soviétiques sont exploités par les nazis (par exemple pour la construction de la Coupole d'Helfaut-Wizernes, base de lancement des V 2).
Les civils deviennent des cibles.
Dans le cadre d'une vaste guerre de mouvement, les civils sont souvent les victimes principales du conflit, notamment lors du bombardement de grandes villes effectué dans le but de terroriser la population (Le Blitz à Londres, les bombardements en tapis réalisés par la Royal Air Force en France et en Allemagne), voire de l'anéantir (les bombardements nucléaires d'Hiroshima et Nagasaki au Japon en août 1945).
En Europe, l'activité des mouvements de résistance engendre des représailles massives sur les civils (prise d'otages, exécutions publiques, déportation de résistants en camp de concentration).
Des massacres arbitraires perpétrés sur les civils ponctuent la guerre en Europe. Ainsi, en France, à Oradour-sur-Glane, une division SS tue plus de 600 personnes le 10 juin 1944.
Vers l'extermination
de peuples entiers.
En Europe, le régime nazi entame une véritable guerre raciale visant à exterminer les Juifs et les Tziganes. Plus de 5 millions de Juifs périssent entre 1939 et 1945. Plus de 250 000 tziganes sont morts en 1945, soit un tiers de la population tzigane européenne en 1939. Ces crimes de masse raciaux visant à détruire des peuples entiers constituent des génocides.
Pour le génocide juif, on utilise aussi le terme de Shoah ("catastrophe" en hébreu). Les Tziganes parlent de Samudaripen ("tuez-les tous" en romani) ou de Porraimos.
1945 : un point de non retour moral ?
Cette guerre d'anéantissement a fait plus de 50 millions de victimes dans le monde. L'Europe (avec l'URSS et le Pologne) puis l'Asie (avec la Chine et le Japon) sont les continents les plus touchés.
L'Humanité semble avoir franchi un nouveau degré de violence avec l'utilisation de la technologie (les bombes atomiques) ou de l'organisation industrielle (les centres de mise à mort) au service de la destruction massive d'êtres humains. Les notions de génocide et de crime contre l'Humanité sont créées au terme de cette guerre.
Le processus D'EXTERMINATION : description et explication.
le Ghetto, une arme de destruction.
Dès 1940
à l’Est de l'Europe (en Pologne puis dans les territoires soviétiques conquis après juin 1941), les nazis ordonnent la concentration des populations juives urbaines dans des
ghettos
(quartiers fermés aux conditions de vie effroyables) comme à Varsovie (Pologne) ou Vilnius (Lituanie). Les conditions de vie y sont atroces (famine, épidémies, rafles régulières). Jusqu'en 1945, plus de 800 000 Juifs meurent dans les ghettos.
L'Action des Einsatzgruppen.
Dès Juin 1941 en URSS, à l’arrière des troupes de la Wehrmacht conquérant l’Est du pays, les SS des Einsatzgruppen ("groupes d'intervention") massacrent les populations juives rurales. Par exemple, en Ukraine, à Babi Yar (septembre 1941), le Einsatzgruppe C extermine plus de 33 000 Juifs par balle avant que les corps de ces derniers ne soient jetés du haut d'un ravin. Les premières exterminations au gaz sont organisées durant ces campagnes. Plus d'un millions de personnes ont ainsi péri.
Un génocide planifié.
En Juillet 1941, les dignitaires nazis commencent à évoquer la mise en oeuvre d'une "solution complète à la question juive". A partir de l'automne 1941, des centres de mise à mort immédiate, sont organisés, surtout dans les anciens territoires polonais et ukrainiens : Treblinka, Belzec, Sobibor, puis Maïdanek, Chelmno et Auschwitz-Birkenau. Ce dernier camp multiplie par dix les capacités de mise à mort des populations déportées. Certains de ces centres sont combinés à des camps de travail très durs liés à l'industrie de guerre nazie (usine de munitions à Maïdanek, complexe IG-Farben à Auschwitz III Monovitz) . Les Juifs d’Europe sont amenés par train, triés (les « forts » travaillant pour l’économie de guerre nazie), les plus faibles (vieillards, enfants, femmes, travailleurs épuisés dans les camps de travail annexes) envoyés dans les chambres à gaz. Les corps sont ensuite détruits par la crémation (fours crématoires).
La LIBÉRATION des camps.
Tout au long du printemps 1945, les camps de concentration et les centres de mise à mort sont progressivement libérés par les Alliés. Dans certains cas, les détenus encore vivants sont évacués par les SS dans de terribles marches à la mort avant l'arrivée des troupes américaines ou soviétiques (Auschwitz). Dans d'autres, les déportés sont abandonnés à leur sort par les bourreaux. Les soldats alliés ne comprennent que peu à peu la nature et l'ampleur du phénomène concentrationnaire et génocidaire qu'ils découvrent.
Sur 5 millions de Juifs morts durant la Seconde Guerre mondiale, environ 2 700 000 sont morts dans les camps.