Le Mouvement Français pour le Planning Familial est une figure emblématique de la lutte pour le droit à l'avortement. Pourtant, le Planning n'a pas toujours été une association féministe.
Dans les années 1950, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, le contrôle des naissances et la contraception hormonale étaient largement utilisés. En France, la population restait marquée par la Seconde Guerre mondiale. Le pouvoir en place menait une politique nataliste assez forte. Les traditions catholiques étaient a priori chéries.
Mais à cette époque, plusieurs procès pour infanticide furent ouverts. Des personnes commencèrent à s'interroger face à ces crimes. La gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé créa alors la Maternité Heureuse.
Le but de cette association était d'informer sur la contraception afin que les femmes ne se retrouvent pas dans des situations inconfortables les poussant à cet acte irréparable.
En 1960, la Maternité Heureuse devint le Planning Familial. Des centres d'accueil apparurent. En rencontrant couples et familles, les "hôtesses" prirent conscience d'un fait : le recours régulier à l'avortement clandestin. Nier la vérité ne servait plus à rien.
Fini les "hôtesses", les membres du Planning se transformèrent en militantes. Elles s'opposèrent à la direction de leur association, elles rejoignèrent en 1973 le Mouvement de libération des femmes et s'engagèrent dans la pratique d'avortements illégaux.
De la constatation à l'action, le Planning s'affirma dans le combat féministe.

Les années ont passé et le Mouvement Français pour le Planning Familial reste profondément attaché au droit à l'avortement. Grâce à des interventions dans les établissements scolaires, à de l'écoute et des conseils, les membres du Planning permettent aux enfants de parler de la sexualité et donnent la possibilité aux femmes dans le besoin de trouver du réconfort et des réponses à leur questionnement.
Mais les problèmes financiers viennent de plus en plus perturber le travail de l'association. A Metz par exemple, Christine Fenot, conseillère conjugale et familiale, est la seule salariée. Elle reçoit des appels et des demandes venant de toute la Lorraine. Quatre départements pour une seule employée : il est parfois difficile de tout gérer.
Christine Fenot revient sur la situation au Planning Familial de Metz :
Pendant l'année 2013, le Planning Familial de Metz a reçu au total 327 appels. Sur les 327, la répartition est loin d'être équitable. L'avortement est la première raison pour laquelle des personnes entrent en contact avec le planning. S'informer, connaître le délai autorisé par la loi, obtenir des adresses, raconter son histoire, les femmes trouvent auprès de ce centre d'information des oreilles attentives et des voix amicales qui ne les jugent pas.

Ces chiffres prouvent que le Planning est un intermédiaire essentiel. Un acteur phare qui est cependant en danger.
Si à Metz l'association ne peut mobiliser qu'une seule salariée pour l'ensemble de la région, dans d'autres villes comme Toulouse, il n'y a plus assez d'argent pour continuer à accueillir les femmes et ces centres finissent par fermer.
Cette situation contribue alors à réduire l'accès à l'interruption volontaire de grossesse.
Le Planning Familial
By Emeline Andrea Piucco
Le Planning Familial
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