Tous les ans, 3 500 à 5 000 Françaises avortent à l'étranger.

Ce nombre doit diminuer car, dans un pays où l'IVG est autorisée, il paraît incroyable que des femmes soient encore obligées de traverser les frontières pour mettre un terme à leur grossesse.

Des actions sont alors entreprises au niveau du parcours médical. A l'échelle nationale mais également à l'échelle régionale, des acteurs essayent de rendre l'avortement plus accessible. 



Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, a présenté à la mi-janvier 2015 de nouvelles mesures pour améliorer l'accès à l'IVG. Grâce à ce plan, l'avortement et tous les actes associés, comme les consultations et les échographies, seront remboursés à 100%. Les sages-femmes pourront quant à elles réaliser des IVG médicamenteuses.

 

Depuis la loi du 19 décembre 2007, les centres de santé, qui sont des structures de proximité dédiés à la prévention et aux soins de premier recours, sont autorisés à pratiquer des avortements par médicament. Mais ces centres ne réalisent que 1% des IVG en France. Pour alléger le travail des établissements de santé et pour rendre les centres de santé plus actifs, le plan prévoit d'élargir les compétences de ces derniers en acceptant qu'ils procèdent à des IVG chirurgicales.

 

Si pour certaines personnes ces mesures sont prometteuses, d'autres restent sceptiques et doutent  particulièrement de la mobilisation des sages-femmes.

Mélodie Saillard, membre d'Osez le Féminisme 57, donne son avis :

Ce plan entre dans le cadre du projet de la loi de Santé présenté au Conseil des ministres en octobre 2014. Le projet vise à faciliter l'accès aux soins, à réduire les inégalités et à consolider le système de santé français.


En février 2015, la Délégation aux droits des femmes a publié un rapport d'information dans lequel 21 recommandations ont été développées afin d'enrichir le projet. 5 recommandations se concentrent sur l'accès à l'avortement. L'une d'elles demande d'ailleurs la suppression du délai de réflexion et de la clause de conscience.

Dans la nuit du mercredi 18 mars au jeudi 19 mars 2015, les députés ont voté la suppression du délai de réflexion de 7 jours. Ce vote a eu lieu pendant l'examen du projet en commission des affaires sociales. Les élus ont ainsi pris en compte la recommandation de la Délégation aux droits des femmes présidée par Catherine Coutelle.

 

De son côté, Marisol Touraine était plutôt favorable à un raccourcissement de la période de réflexion à 2 jours. "Je ne suis pas certaine que ce soit par la suppression de ce délai que nous fassions progresser l’accès au droit", a-t-elle déclaré.

 

En ce qui concerne la clause de conscience spécifique à l'IVG, Mme Coutelle est revenue sur la recommandation. La suppression a été abandonnée puisqu'une clause de conscience générale existe de toute manière pour tous les actes.

Et comme le souligne Christine Fenot, salariée du Planning Familial de Metz, une telle suppression aurait risqué de multiplier les comportements moralisateurs :

Au niveau régional, des plans sont aussi créés. 

L'Ile-de-France est la région la plus concernée par l'avortement.

En 2011, sur les 222 500 IVG enregistrées dans l'hexagone, 54 470 ont été réalisées dans cette zone. L'accès y est inégal. L'offre est particulièrement concentrée sur Paris et la Seine-Saint-Denis. Les Franciliennes sont obligées de venir dans la capitale pour être prises en charge. 

Pour faire face à ces disparités, l'Agence Régionale de Santé (ARS) de l'Ile-de-France a financé le développement du site ivglesadresses.org et a décidé de mettre en place un projet intitulé FRIDA.

Avec ce projet, l'ARS de l'Ile-de-France cherche à donner aux femmes une information "claire et rapide", à favoriser l'expression de celles-ci, à diversifier l'offre et à mieux contrôler les établissements.

La loi ne définissant pas clairement ce que doit être un service IVG, le projet FRIDA a permis d'élaborer un cahier des charges. Ce cahier précise "les conditions organisationnelles nécessaires à une bonne prise en charge des patientes en milieu hospitalier". L'agence possède ainsi un référentiel sur lequel se reposer pour examiner les établissements de santé. Les locaux, l'accueil téléphonique et sur place, le matériel, l'équipe pluriprofessionnelle, le parcours (du 1er contact à la visite de contrôle après l'avortement), l'organisation interne, les formations, l'accès aux différentes méthodes, la relation avec les centres de planification... Tout un ensemble de critères qui ont été décrits et fixés de manière à améliorer la situation.

Les plans d'action

By Emeline Andrea Piucco

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